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Pour mettre en avant certains témoignages et ressources

  • Mercedes, coach-thérapeute

    Mon nom est Mercedes Schaffter et j’ai un cabinet thérapeutique depuis une douzaine d’années.

    J’ai utilisé différents outils dans ma pratique :

    L’Analyse et Réinformation Cellulaire, qui est une médecine énergétique, l’homéopathie ainsi que la nutrition (Kousmine).

    Il y a 4 ans, j’ai suivi une formation de coach et c’est à ce moment-là que ma vision sur la relation thérapeute-patient a commencé à changer.

    En effet, j’ai réalisé que j’étais parfois fatiguée après une ou deux consultations seulement ; que je me décourageais si un remède homéopathique ne fonctionnait pas ; ou qu’au contraire j’exultais si, grâce à ce que j’avais conseillé ou prescrit, la personne allait mieux. Quelque chose au fond de moi  me disait que je prenais mon travail trop personnellement.

    En 2012 j’ai découvert l’IFS et cela a radicalement transformé ma pratique.

    Durant ma formation, j’ai fait la rencontre de mon système intérieur et de certaines de mes parties.

    Puis le travail sur moi a continué, il y a eu de plus en plus de clarté et j’ai découvert quelque chose d’extrêmement important en tant que thérapeute, j’ai pris conscience que j’accompagnais les personnes depuis des parties.

    Surtout depuis une en particulier, la partie Sauveuse, celle qui veut aider et sauver. Je pense d’ailleurs que c’est sûrement grâce à elle que je suis devenue thérapeute !

    Elle s’est toujours sentie investie d’une mission et voulait absolument faire quelque chose pour soulager son prochain.

    Elle n’était d’ailleurs pas la seule à être présente dans ma pratique , plusieurs de ses des copines donnaient un petit coup de main :

    – celle qui pensait qu’elle avait la responsabilité de l’autre (de sa santé, de son bien-être, etc)

    – celle qui ne voulait surtout pas décevoir

    – celle qui avait peur de trahir la confiance que le patient avait mise en moi, si le résultat ne suivait pas.

    Cela a été une révélation, surtout quand j’ai compris leur intention.

    Pour ces parties, aider, porter, être là pour l’autre, donnait du sens à ma vie. J’EXISTAIS !

    Quand j’ai pu aller à leur rencontre, depuis mon Self, leur faire expérimenter ma présence, leur faire découvrir que j’existais même sans aider l’autre, cela a été une libération.

    Une libération pour elles, car elles étaient fatiguées de faire ce travail depuis autant d’années et une libération pour moi.

    Depuis cette prise de conscience et le travail effectué avec ces parties, ma relation à l’autre a changé. Dans ma vie privée mais surtout dans mon accompagnement professionnel.

    Aujourd’hui ma relation avec les clients se fait depuis un état où le Calme et la Confiance prédominent.

    Bien sûr, il serait présomptueux de dire que ces parties sauveuses ne sont plus présentes dans mon travail (avec mes clients), cependant lorsqu’elles sont là, j’en prends conscience et cela me permet de leur parler, de les mettre de côté pendant la séance et de prendre un moment avec elles après, si nécessaire.

    Depuis cet état, que l’on appelle le Self, je regarde l’autre et je vois toutes les ressources qu’il y a en lui. Je réalise que le plus beau cadeau que je puisse lui faire c’est de lui laisser la responsabilité de sa vie !

  • Corinne, psychopraticienne

    Instantanés de la métamorphose d’une psy

    Octobre 2012 (29ème colloque de la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse)

    De retour en France après plusieurs années passées à Shanghai, à recevoir dans mon cabinet des compatriotes venus panser les plaies suscitées ou aggravées par leur expatriation, je suis heureuse de participer de nouveau à cet événement professionnel de qualité. Sans surprise, je réalise que je ne connais aucun des intervenants de cette seconde journée de colloque, consacrée à la présentation de nouveaux courants de psychothérapie. Ma curiosité est attisée, car je nourris depuis longtemps une véritable passion pour l’étude comparative des écoles de psychothérapie présentes sur les différents continents.

    Un homme de haute stature vient de s’avancer sur le devant de la scène et de prononcer le nom du modèle d’origine américaine qu’il diffuse dans le monde francophone : Internal Family Systems. Instantanément, j’imagine avec une certaine déception qu’il s’agit d’une variante de la thérapie familiale systémique que je pratique déjà, avec plaisir et succès. Mais très vite, je comprends ma méprise et découvre que le système en question désigne différentes entités constitutives de notre personnalité, cette tribu intérieure dont les relations souvent houleuses sont à l’origine de beaucoup de nos souffrances. Ce postulat, central en IFS, de la multiplicité de notre psychisme, bien que sous-jacent à bien d’autres approches, m’apparaît soudain comme une évidence, une clef indispensable à la compréhension de l’existence humaine. Puis j’entends parler de parties de l’individu (appelées managers ou pompiers), au comportement parfois extrême, protégeant d’autres parties exilées au plus profond de son monde interne. J’accueille avec enthousiasme cette sorte de version métaphorique de concepts psycho-dynamiques essentiels à mes yeux, mais souvent obscurs pour le grand public. A l’issue de cet exposé, je suis envahie par le sentiment d’être moi-même véritablement perçue et comprise, pour la toute première fois, dans la complexité de ma psyché. Alors, dominée par l’intuition d’avoir enfin rencontré, après plus de quinze années de formation à de nombreux modèles de psychothérapie (allant de la psychanalyse intégrative aux thérapies brèves du courant constructiviste), celui que j’attendais encore, je m’avance avec détermination, durant la pause, vers François Le Doze…

    Novembre 2012 (niveau 1 de la formation IFS – premier module de cinq jours)

    Au terme de cette première étape, je comprends soudain pourquoi cette formation est qualifiée d’expérientielle ! Dès le démarrage du stage, François a expliqué à la trentaine de participants installés en grand cercle autour de la salle, que pour utiliser le modèle IFS, il fallait certes apprendre ses fondements théoriques et acquérir la maîtrise des étapes de son protocole d’intervention (cet enchaînement précis de questions et d’assertions permettant au client, en développant son accès à l’énergie de son Self, de découvrir, guérir et pacifier les éléments de son système interne). Mais que nous avions à faire nous-mêmes, en premier lieu, l’expérience de la capacité transformatrice de l’approche. Il ne s’agissait pas seulement pour nous, ce faisant, d’en vérifier personnellement la pertinence. L’objectif était surtout que nous recensions nos parties prédominantes, pour les repérer et mettre de côté en séance, afin d’intensifier notre contact avec notre propre Self, ce seul endroit à partir duquel il nous était possible de générer, dans la relation avec chaque client, puis au sein de la famille intérieure de celui-ci, la confiance indispensable au bon déroulement de la thérapie.

    Or, le montage pédagogique proposé m’apparait parfaitement adapté à ce triple objectif. Car les présentations théoriques, toujours concises et claires, sont encadrées de nombreuses séquences dédiées à la fois à la pratique et à la connaissance de soi, les stagiaires s’y trouvant tour à tour en posture d’apprenti thérapeute, de client et d’observateur. Impossible pour moi, dans ces conditions, de vivre ces journées avec ce mélange d’avidité intellectuelle et de retrait émotionnel qui me caractérise habituellement, à mon insu, en formation ! Chaque jour, la méditation collective matinale me conduit au contraire à prendre conscience des parties de moi situées aux avant-postes dans ce type de contexte. Managers qui confirment énergiquement leur présence vigilante, lors des séances régulières de pratique en triades supervisées, en me décourageant à prendre le rôle très exposé du thérapeute. Les démonstrations quotidiennes de conduite d’une séance complète, effectuées avec brio par les deux formateurs et suivies d’un temps de débriefing collectif, stimulent quant à elles, immanquablement, les parties exilées de moi en résonnance avec celles explorées par mes camarades en position de clients. Et en fin de journée, les moments de régulation en sous-groupes, animés par les assistants, m’amènent à faire de nouveau un bilan de l’état de mon système intérieur, après ces aventures tumultueuses ! Alors ce soir-là, comme les précédents, je rentre chez moi émue, exténuée et ravie.

    Mars 2013 (second module de cinq jours)

    La montée en puissance de la formation est flagrante. Tout d’abord au niveau théorique et pratique, où elle m’apparaît comme une spirale ascendante finement ciselée. En effet, si les phases successives de la thérapie IFS nous sont livrées dès le premier module (et les participants encouragés à les utiliser sans attendre, tant en groupes d’entrainement autogérés qu’auprès de leur clientèle), elles sont de nouveau passées en revue avant d’être successivement approfondies, y compris grâce aux questions des stagiaires, nourries par l’expérience accumulée depuis trois mois. Mais c’est aussi le cas au plan émotionnel. En effet, l’approfondissement de la connaissance mutuelle des personnes en présence (avec les alliances et polarisations en résultant inévitablement), corrélée à l’augmentation des attentes des formateurs vis-à-vis de ceux-ci, agite toujours plus fortement les différentes parties de chacun. Durant les phases de pratique, des séances en grandeur réelle sont menées et les parties exilées des stagiaires en posture vulnérable de clients y expriment pleinement leur souffrances, face à des thérapeutes en apprentissage, donc nécessairement imparfaits. Il résulte de tout cela quelques difficultés interpersonnelles, qui sont autant d’occasion pour l’équipe en charge de la formation de transmettre aux participants, à travers l’exemple donné, la capacité à prendre la parole pour nos parties stimulées, sous la guidance d’un Self bien présent, non soumis à leur dictature. Et de faire la démonstration de la sécurité entourant ce programme pédagogique exigeant et parfois déstabilisant, les formateurs et nombreux assistants se mettant constamment à la disposition des stagiaires, en cas de besoin, pour un court entretien ou une séance de plus grande ampleur. Je traverse ce processus avec autant d’émois que les autres, toujours plus convaincue de la puissance du modèle, comme du sérieux de la formation afférente.

    Septembre 2013 (troisième module de cinq jours)

    Je m’attendais à ressentir une certaine lassitude face à l’architecture apparemment similaire des modules constitutifs de la formation. Or, cette troisième étape du parcours proposé comporte de nombreuses surprises ! L’importance du corps en IFS y est introduite dès la méditation du premier jour, prolongée par des exercices de sculpture individuelle puis collective (sur le modèle des constellations familiales) de nos parties, qui enrichit magnifiquement la panoplie des techniques utilisables en thérapie individuelle comme de groupe. Je suis personnellement séduite par la souplesse et la dimension intégrative du modèle, par sa compatibilité avec des outils que je possède déjà et affectionne particulièrement. Le second thème majeur de ces cinq jours : les spécificités de relation thérapeutique en IFS, donne lieu quant à lui à des exposés théoriques passionnants et à des temps de pratique particulièrement instructifs. En cette dernière occurrence, les apprentis thérapeutes sont en effet coachés directement par les formateurs, qui les interrompent régulièrement pour leur faire prendre conscience des parties d’eux-mêmes venant freiner la progression de la séance en cours. Impressionnée, je comprends mieux, rétrospectivement, l’accent mis dès le démarrage de la formation sur l’exploration, par les stagiaires eux-mêmes, de leur système intérieur. Et la cohérence de la globalité de la formation. La cérémonie de remise des diplômes est un grand moment de créativité et d’émotion. Je mesure avec satisfaction le chemin parcouru et, avec gravité, son irréversibilité…

    Octobre 2013 (30ème colloque de la Fédération Française de Psychothérapie et Psychanalyse):

    La salle est comble, mais un silence plein d’attente accueille les premiers mots de François Le Doze, venu expliquer à l’auditoire la manière particulière dont l’approche IFS contribue à guérir les traumatismes psychiques, thème de ce nouveau colloque. Le discours tenu m’est évidemment devenu très familier. Du coup, mon écoute se relâche et laisse en moi la place à une puissante émotion de reconnaissance envers le destin qui m’a permis de découvrir ce modèle de thérapie à la fois profonde et relativement rapide que je recherchais, particulièrement dans le cadre de mes accompagnements individuels. Car dans ce contexte, je ne me satisfaisais ni de l’approche psychanalytique, que je jugeais peu adaptée aux contraintes de notre temps, ni des thérapies brèves, qui me paraissaient souvent manquer d’efficacité du fait de l’accent mis sur les cognitions (au détriment de la puissance transformatrice des émotions), comme sur le présent et le futur des clients (se privant ainsi de l’impact guérisseur du retour sur les souffrances passées de notre enfant intérieur). En fait, je réalise que je me penche déjà sur l’application du modèle IFS aux relations conjugales et familiales, ainsi qu’aux systèmes plus larges (institutions scolaires, communautés, entreprises…). C’est pourquoi je me suis inscrite au niveau suivant de la formation, ainsi qu’à un stage aux Etats-Unis centré sur l’utilisation de l’IFS auprès des couples, bien décidée à étendre et perfectionner ma pratique de cette puissante approche…

    Alors, je scrute les visages concentrés tout autour de moi, me demandant si certaines de ces personnes vivent, en ce moment-même, ce sentiment de révélation qui s’est imposé à moi en ce même lieu, un an plus tôt…

  • Anonyme, cadre hospitalière

    Comment je suis arrivée à l’IFS

    J’ai 48 ans, mariée, 2 enfants. Je suis cadre hospitalière.

    J’ai été confrontée il y a une dizaine d’années à ce qu’on appelle « un drame familial ». Ma jeune sœur a développé un cancer du sein pendant sa seconde grossesse et est décédée après 5 ans de chimiothérapies successives. Cette période douloureuse m’a conduite vers la psychothérapie d’inspiration psychanalytique. L’objectif était de m’accompagner mais également de m’aider à juguler des troubles somatiques qui étaient apparus dans le même temps et pour lesquels la médecine n’avait aucune explication. Les psychologues que j’ai rencontré alors m’ont aidée à soulager des angoisses, m’ont éclairée sur bien des points de ma personnalité, ont fait évoluer certaines de mes représentations. Par contre, ce travail n’a eu aucun effet sur mes problèmes somatiques. J’avais en particulier des troubles de la motricité qui devenaient invalidants au fil du temps et qui m’inquiétaient. Mais compte tenu du contexte familial, leur origine semblait évidente. Ce que je recherchais à l’époque n’était pas tant un diagnostic qu’un moyen de me soulager sur le plan fonctionnel. Mais ni les médicaments, ni les massages, ni les exercices de kinésithérapie ou de relaxation ne m’amélioraient efficacement.

    Un médecin spécialiste en maladies rares, diagnostiquant un trouble somatique probablement sans étiologie autre que psychique, m’a ainsi orientée vers l’hypnose. L’hypno thérapeute qui m’a suivie à ce moment ne me convenait pas. A chaque séance elle essayait un nouveau « truc » mais cela n’avait aucun effet. Un jour pourtant, elle m’a dit « il y aurait bien l’IFS… » Elle a mené la séance en me faisant réfléchir sur des « parties » en moi qui se manifestaient quand j’étais en difficulté pour marcher. J’ai été assez intriguée par cette méthode. Je me suis sentie, effectivement, habitée par différentes parties qui pouvaient, selon le moment, avoir de l’emprise l’une sur l’autre et au final m’empêcher d’agir. J’abordais donc la séance suivante pleine d’espoir, mais la thérapeute passait déjà à une autre technique. Se sentant démunie, elle m’a orientée vers un soma thérapeute. Dépitée, je me suis mise en quête d’un psychothérapeute qui pratiquait l’IFS. Pour moi, c’était évident, j’allais avancer (au propre comme au figuré) avec cette méthode. Il devenait urgent de trouver une solution car j’avais de plus en plus le sentiment que mon corps devenait un carcan dans lequel je n’arrivais plus à bouger et j’étais très déprimée. Au bout de plusieurs semaines, j’ai obtenu un rendez vous avec une psychologue clinicienne qui utilisait le modèle IFS. Cela fut le début d’une longue histoire puisque je suis actuellement dans la quatrième année de thérapie avec elle.

    IFS avant le diagnostic et aide au diagnostic

    Pendant les séances, nous avons dans un premier temps exploré les sentiments que j’éprouvais lors de mes déplacements difficiles. J’avais, en effet, à la fois honte de l’image que je renvoyais et j’étais en colère de ne pas pouvoir améliorer la situation. J’avais beau essayer de me raisonner, les troubles étaient bien ancrés. Ainsi, nous avons pu identifier différentes parties de moi et mener un travail sur celles-ci. Cela m’a emmené bien loin de ma problématique initiale. Par exemple, cette honte et cette colère m’ont amenée à reconnaitre la petite fille de 8 ans que j’avais été, petite fille blessée qui avait encore des choses à dire. Une partie de moi voulant la protéger de nouveaux déboires me la rendait jusqu’alors inaccessible. Mais l’adulte que je suis devenue l’a rassurée : j’étais dorénavant capable de gérer ce genre de problème et elle pouvait être en paix. Au fil des séances, j’ai ainsi voyagé à travers les âges de ma vie. Avec l’aide de ma thérapeute, nous avons rassuré l’adolescente mais également le bébé que j’avais été. Ils veillent, tranquilles, quelque part au fond de moi. Au fur et à mesure, c’était moi, la personne que je suis actuellement et que je désire être qui prenait le contrôle. Je me sentais libérée des carcans qui initialement semblaient m’empêcher de marcher et je marchais d’ailleurs beaucoup mieux, à la surprise de mon entourage. Même si je n’ai pas récupéré toute ma motricité, J’ai donc regagné en autonomie et j’ai repris confiance.

    Ainsi, j’ai pu également évoluer vis-à-vis des médecins qui me suivaient et m’affranchir des certitudes médicales qui étaient aussi devenues les miennes: mes troubles étaient purement psychiques à expression somatique. Paradoxalement, retrouvant une liberté d’esprit, voici que je commençais maintenant à ressentir des troubles de l’élocution. J’avais très peur de ce phénomène.

    Après 5 ans d’errance médicale, je souhaitais donc passer de nouveaux examens médicaux et rencontrer d’autres spécialistes mais je n’osais pas prendre les rendez-vous. D’autant plus, que mon entourage pensait que cela ne servirait à rien sinon à me rassurer. J’ai dû alors travailler sur cette partie de moi qui inhibait toute tentative de démarche. J’ai découvert qu’elle me rendait service en m’évitant d’être à nouveau blessée. De fait, je me sentais toujours traitée avec condescendance de malade imaginaire. J’ai pu alors entrer en contact avec ma capacité à me sentir calme, légitime, dans mon désir que mes symptômes soient sérieusement pris en compte, avec une éventuelle étiologie somatique, avant d’affirmer qu’elle ne soit que psychique. Cela m’a permis d’avoir enfin un diagnostic : je souffre d’une maladie neurodégénérative spino-cérébelleuse très rare, lentement évolutive dont on ne connait pas la cause et pour laquelle il n’existe pas de traitement. C’est en ces termes que l’on me l’a annoncé. Des mots qui font peur. Mes troubles de la motricité et de l’élocution ont donc une origine organique fondée.

    Je suis donc passée du jour au lendemain d’une personne valide qui avait des troubles psychiques à expression somatique à une personne porteuse d’une maladie grave qui allait progressivement devenir physiquement invalide et perdre la parole.

    IFS après le diagnostic

    Cette période fut très difficile, cela remettait en question ma façon de voir l’avenir proche et lointain, pour moi et ma famille. Dans le même temps, mes troubles de l’élocution devenaient audibles pour tous et l’image que je renvoyais m’était difficilement supportable.

    Le modèle IFS me fut là encore d’un grand secours. Ce diagnostic a créé en moi de nouvelles parties. Elles m’empêchaient de vivre sereinement : une partie voulait que j’adhère d’emblée au discours médical : « Comment vous travaillez donc encore ! ». Je devais organiser ma vie sans fatigue et sans stress ;  ce qui était en totale opposition avec ce que je souhaitais et ce que je me sentais capable de faire. Une autre partie était axée sur la perte de dignité liée au handicap et avait envie de faire comme s’il n’existait pas. En effet, dans cette société qui court après la performance, comment garder sa place quand on a des difficultés pour marcher, pour écrire et pour parler ? Or ignorer mes difficultés contribuait à les majorer.

    L’IFS m’a aidée à me respecter comme je suis, mais aussi à me faire confiance, en développant mes propres capacités créatives afin de poursuivre une vie qui continue à avoir du sens pour moi. L’objectif est de ne pas me laisser envahir par les contraintes de la maladie mais de composer avec elles. Ainsi, je considère chaque professionnel qui m’entoure (kinésithérapeute, orthophoniste, psychologue, médecin) comme un partenaire pour rechercher ensemble les moyens de maintenir mon autonomie.

    Finalement, dans la vie de tous les jours, les gens sont surpris dans un premier temps et s’interrogent sur la façon dont j’habite mon corps. Puis, ils me renvoient une image positive de moi et non de mes difficultés. Professionnellement, je tiens toujours ma place et j’assume de mieux en mieux mon handicap. Et en ce qui concerne mes proches, ils semblent rassurés par ma façon de gérer ma maladie. Son évolution reste incertaine mais je l’aborde plus sereinement car je deviens capable d’utiliser peu à peu le modèle IFS comme un outil d’introspection. Je reconnais les différentes parties qui, par moments, viennent m’envahir et me dominer. J’arrive la plupart du temps à ne pas me laisser diriger par elles en les rassurant de ma capacité  à faire face à l’adversité.

    Grace au modèle IFS, je me suis découvert beaucoup de ressources. Elles m’ont amenées jusqu’ à oser ce témoignage!