Se faire des amis de dangereux pompiers..

 

Les parties de nos thérapeutes tiennent pour évidents certains préceptes concernant la prise en charge des addictions et des troubles de l’alimentation.
Pourtant ceux-ci se trouveraient bousculés à coup sûr par cette idée déterminante : se faire des amis de dangereux Pompiers qui boivent, se droguent, s’affament, se goinfrent, ou s’adonnent à d’autres comportements néfastes.

J’ai terminé ma thérapie familiale armée de divers stratagèmes destinés à éradiquer ces symptômes.
Cependant et en dépit de mes meilleurs efforts, les Pompiers remportaient souvent la partie, et devenaient chaque fois plus forts et plus malins.
J’ai donc rapidement abandonné cette stratégie de confrontation au profit d’un travail de collaboration avec les parties de mes clients, l’esprit toujours curieux et ouvert.

Les Pompiers dangereux sont en fait des parties du patient entièrement dévouées à leur tâche de protéger les parties exilés lorsque les managers ne peuvent plus contenir ou contrôler la situation.
Ils réagissent de manière impulsive, sans réfléchir, et en dépit de conséquences graves et ne sont en général pas très appréciés des autres parties, des membres de la famille, du thérapeute ou de la société en générale.

Néanmoins, ils sont aussi la clé de l’obtention d’un bon résultat avec les patients addictes, car rien ne change sans la permission ou la coopération de ces Pompiers.
Ils doivent réaliser que ce qu’ils font ne fonctionne plus.

La première étape des Alcooliques Anonymes ne peut se dérouler dans de bonnes conditions que si le Pompier du patient réalise qu’il a perdu le contrôle et que les choses sont devenues ingérables.

En tant que thérapeute IFS, je suis moi-même sans arrêt à la recherche de mes parties intérieures qui voudraient tantôt juger, critiquer, blâmer, menacer, craindre, protéger, s’associer ou se polariser de toute autre façon avec les Pompiers de mon patient.
Ces derniers sentent la menace la plus infime et se mobilisent alors très rapidement afin de maintenir leur rôles protecteurs.
Cela occasionne souvent une augmentation des symptômes du patient.

Travailler sur mes propres parties, avant, pendant et après la séance permet à la curiosité et la compassion d’émerger. les Pompiers répondent d’ailleurs bien à des doses régulières et authentiques d’énergie du Self.

La plupart des patients choisissent de faire soigner leur addictions ou leur troubles de l’alimentation parce que leur managers intérieurs souhaitent reprendre le contrôle des choses dans le but de faire plaisir ou d’apaiser quelqu’un.

En séance, après leur avoir demandé ce qui les amène à se faire soigner, je demande à mes patients ce que leur parties intérieures qui veulent boire, s’affamer ou se goinfrer ont à dire sur le fait d’être là.
La reconnaissance de l’existence d’un Pompier ainsi que le fait de l’inviter à parler sont des moments à la fois beaux et profonds. C’est aussi la première étape pour s’en faire un ami.

j’ai d’ailleurs fait aujourd’hui, l’expérience d’un moment magnifique avec un client avec lequel j’ai commencé à travailler récemment et qui lutte contre une addiction aux pilules :

J’ai d’abord honoré cette partie de lui qui souhaitait vraiment arrêter, puis je lui ai aussi suggéré qu’il ne connaissait pas cette autre partie de lui accro aux pilules.

Il semblait clair que cette partie là n’avait pas donné son accord pour arrêter.
Il fut à la fois intrigué par les possibilités qu’offrait cette hypothèse et soulagé de ne pas simplement être un raté. Il m’a quitté, impatient de notre prochaine séance.

J’adorerais que d’autres partagent avec moi leurs réactions et leurs expériences d’autres patients s’ayant fait des amis de dangereux Pompiers.

Mary KRUGER, Assistant Trainer  au Center for Self Leadership (traduit de l’américain)

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